Le projet de loi no 69 sur l’énergie déposé par Pierre Fitzgibbon en juin dernier est l’une des pièces maîtresses du déploiement de la triade mine-industrie-énergie qui est au cœur de la stratégie économique « On verra! » du gouvernement Legault : développer à marche forcée la filière batterie et les projets miniers destinés à lui fournir des minéraux critiques; attirer les entreprises de cette filière et d’autres industries énergivores en puisant sans compter, dirait-on, dans les fonds publics, et en adaptant au besoin les règles environnementales; leur proposer une énergie renouvelable à faible prix en adoptant une loi qui facilitera la mise en place accélérée d’un chantier pharaonique de production d’électricité, en donnant plus de pouvoirs au ministre, en retirant l’obligation d’avoir recours aux appels d’offres pour Hydro-Québec et en encourageant la privatisation d’une part croissante de notre système énergétique. Cette stratégie mène-t-elle à la décarbonation du Québec? Est-elle viable écologiquement? Acceptable socialement? Sûre économiquement? Correspond-elle à notre vision collective du territoire québécois? On se doute que non mais on l’ignore, en fait, vu que chaque dossier est traité à la pièce, sans vue d’ensemble, sans études ni débat public sur les orientations qui doivent guider nos choix de société.
Le départ de Pierre Fitzgibbon est l’occasion parfaite de prendre un pas de recul et de faire les choses dans l’ordre : interrompre les procédures menant à l’adoption du projet de loi no 69, avoir le débat de société réclamé et promis sur l’avenir énergétique du Québec, élaborer ensuite le plan de gestion intégré des ressources énergétiques que le gouvernement s’est engagé à élaborer puis, cela fait, déposer un projet de loi conséquent.
Inspecteur en urbanisme
2 moisFantastique nouvelle !